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mardi 16 mars 2010

Baaba Maal

Grand évènement cette semaine pour les peuls de Nouadhibou: leur grand chanteur préféré était de passage dans la ville pour deux concerts, dans la salle du Zem Zem. Ambiance haute en couleur pour ce chanteur d'origine toucouleur.

Baaba Maal entouré de ses deux danseuses. A droite, Mansour Seck.

Baaba Maal est né dans le Nord du Sénégal dans une famille de pêcheurs au bord du fleuve. Sa tribu de pêcheurs ne lui permet donc pas tradionnellement de faire de la musique. C'est son grand ami Mansour Seck, issu d'une tribu de griots, qui lui apprend la musique. Ils vont silloner ensemble les routes ouest-africaines à la rencontre des musiques tradionnelles et du folklore griot. Baaba part ensuite étudier la musique occidentale au Conservatoire de musique de Paris avant de rentrer à Dakar et monter avec Mansour le groupe Daande Lenol, qui signifie "la voix du peuple" en poular, langue parlée par les peuls. La musique du groupe est caractérisée par le mélange de sonorités traditionnelles et plus modernes, avec des guitares électriques et un clavier.

Vous pouvez venir l'écouter ici ou le voir là.

mercredi 18 novembre 2009

Le thé mauritanien

Mini prépare le thé sous la khaïma

Le thé est une véritable institution ici, une sorte de drogue. Les mauritaniens en boivent à longueur de temps, et se plaignent de maux de tête s'ils n'ont pas la possibilité d'en boire dans la journée. Et attention, il n'est pas question de comparer le thé mauritanien au thé des pays voisins!

Le thé mauritanien se fait avec du thé de chine à la menthe, de la menthe fraîche et beaucoup de sucre. Avant de verser le thé dans de petits verres, on en fait mousser un petit peu en le transvasant d'un verre à l'autre, au suivant etc... La mousse est très appréciée. Les mauritaniens font ça avec un geste habile et n'en mettent pas partout, où qu'ils soient: à terre, en bateau, dans le train... Ce qui n'est pas donné aux étrangers débutants, malgré toute leur bonne volonté...

Thé à bord d'une lanche, dans une gente de voiture, au Banc d'Arguin

Le thé se sert en trois fois. On dit souvent que le premier verre est amer comme la vie, le deuxième doux comme l'amour et le troisième suave comme la mort. Mais les mauritaniens en boivent tellement, qu'on ne sait plus toujours où on en est dans le cycle des trois verres de thé...

Il existe une variante, le "candriya": l'eau est tout simplement remplacée par du lait de chamelle, qu'il n'est pas besoin de faire mousser. Le reste de la préparation est identique. Le candriya est préparé uniquement la nuit ou quand il fait froid, car contrairement au thé à la menthe, il a plutôt tendance à réchauffer. C'est délicieux, et ça me fait penser au tchaï indien.

Je m'essaie à la préparation du thé à Zouerate

lundi 9 novembre 2009

Le train minéralier de la SNIM

La SNIM est la Société Nationale de l'Industrie Minière, société créée en 1952 sous le nom de MIFERMA (Société des Mines de Fer de Mauritanie) chargée d'exploiter les ressources en minerais de la Mauritanie. En effet, dès 1935 un important gisement de fer a été découvert à Kedjet el Jill (montagne de sel) dans le Nord de la Mauritanie, alors colonie française. L'exploitation n'a pas été jugée rentable à ce moment-là, et ce n'est donc qu'à partir de 1963 (indépendance en 1960) que les Mauritaniens ont lancé l'exploitation de cette montagne de fer.

L'exploitation du gisement a donné naissance à une cité minière, Zouerate, qui se trouve à plus de 600 "kilos" (comprendre kilomètres) de Nouadhibou et de la côte Atlantique. Afin d'exporter ce riche minerais il faut donc traverser des centaines de kilomètres de désert, sans aucune route goudronnée, il a donc été décidé de construire une voie ferrée. Celle-ci est rectiligne: d'abord un tronçon nord-sud jusqu'à Choum (aux portes de l'Adrar), puis un tronçon est-ouest avant de descendre le long de la péninsule de Nouadhibou.

Carte du parcours du train (www.snim.fr)

Le train minéralier en chiffres:
- la voie ferrée est longue de plus de 670 km (et est amenée à se prolonger avec l'ouverture de nouveaux sites d'exploitation autour de Zouerate);
- elle compte une dizaine d'évitements, passages où deux trains peuvent se croiser;
- la voie ferrée voit passer 6 trains par jour, soit 3 dans chaque sens;
- le train peut mesurer jusqu'à 2.5 kilomètres, et serait ainsi le plus long du monde;
- il peut atteindre une charge de 22 000 tonnes;
- la capacité de transport du chemin de fer est actuellement de 14 millions de tonnes par an. La SNIM vise à dépasser les 20 millions de tonnes;
- il est tiré par 2, 3 voire 4 locomotives et composé de plus de 160 wagons de minerais.

J'étais dans le poste radio lors du voyage retour quand il a été annoncé que le train ne faisait que quelques 1100 mètres de long, avec 118 wagons. Sa vitesse était de 43 km/heure.

Le train a pour principal objectif de transporter du minerais, mais il est également possible de l'emprunter pour voyager. Trois possibilités s'offrent au voyageur:
- le voyage classique effectué à bord du wagon voyageur: c'est toute une aventure, avec de belles rencontres et des discussions jusqu'au bout de la nuit, dans de vieux compartiments aux sièges défoncés et aux fenêtres bloquées.
- le voyage de luxe à bord du wagon SNIM, réservé au personnel de la société minière et les personnes pistonnées. On y trouve des couchettes à la mauritanienne, une cuisine, des toilettes et même un bac de douche...
- la troisième solution est la moins chère. Il suffit de grimper dans les bennes à minerais. Mais attention à la chaleur tout au long de la journée, au froid durant la nuit, et à la poussière de fer et de sable pendant tout le voyage!

Le voyage "à vide" entre Nouadhibou et Zouerate dure 15h. Les nombreuses bennes sont vides mais les quelques citernes à diesel sont pleines, pour recharger les locomotives au départ de Zouerate. Le train part vers 14h de Nouadhibou et arrive vers 5h le lendemain matin à Zouerate. Biensûr, il ne faut pas être trop tatillon sur les horaires ici...
Le voyage retour se fait avec les citernes vides mais les bennes pleines de minerais de fer, ce qui ralentit de manière notable l'allure du train, qui effectue alors le trajet en 19h (départ à midi de Zouerate pour arriver à 7h du matin le lendemain à Nouadhibou).
En tout, trois trains circulent dans chaque sens quotidiennement, et un seul est accessible aux voyageurs.

Le voyage est une opportunité de découvrir et d'observer le désert entre Nouadhibou et Zouerate, mais aussi de rencontrer des mauritaniens et de discuter. A ce sujet, un nouveau quiz sera bientôt en ligne concernant les activités possibles à bord du train... En attendant, voici un aperçu de ce mode de transport et des paysages traversés (cliquez sur la photo pour accèder au lien).


vendredi 23 octobre 2009

La prière du Vendredi

Aujourd'hui c'est vendredi, et c'est donc le premier jour du week-end ici en Mauritanie. Notre week-end est en effet décalé, puisque les jours travaillés s'étalent du dimanche au jeudi, pour se reposer le vendredi et samedi. Pourquoi cette différence?

Tout simplement car le vendredi est le jour de la grande prière pour les musulmans, comme le dimanche est le jour de la messe pour les chrétiens. Pourquoi le dimanche justement? Aucune idée. Par contre j'ai trouvé la raison du choix du vendredi pour les musulmans. Le Prophète aurait dit "Le jour de Vendredi est de grande importance, le meilleur des jours de la semaine sur Terre: c'est le jour où fut créé Adam, le jour où il fut introduit au Paradis, le jour où il en sortit. C'est aussi le jour où finira le monde."

La mosquée de Cansado, taillée comme le coeur d'un coquillage.

La prière du vendredi commence à 14h, elle est obligatoire à tout musulman, hormis les esclaves, les femmes, les enfants et les malades. Tout bon musulman doit ce jour-là multiplier les bonnes œuvres et la charité, et s'abstenir de tout péché. Il doit aussi faire ses ablutions, porter des habits propres et se parfumer, se rendre à la mosquée de bonne heure avant l'appel à la prière et accomplir des prières surérogatoires en arrivant à la mosquée, c'est-à-dire des prières qui ne comptent pas pour les 5 prières quotidiennes obligatoires.

La ville est par conséquent déserte le vendredi en début d'après-midi, et ce n'est donc pas le moment de faire ses courses avant de partir à la plage!

lundi 28 septembre 2009

Discussion avec un policier...

... lors d'un arrêt de contrôle au carrefour "Cansado" sur le boulevard Médian de Nouadhibou.

Un des deux policiers me voit arriver dans ma belle R21 et me fait signe de la main de m'arrêter sur le côté. Les contrôles sont assez fréquents, d'autant plus que ma plaque d'immatriculation est encore française, et je sors habituellement mes papiers de la boîte à gants sans même attendre qu'on me le demande.

Mais cette fois-ci, je veux justement tester ces agents de la "sureté nationale" mauritanienne, je stationne donc sur le côté et arrête simplement le moteur.

Policier 1 : Bonjour Madame, Salamalikum.
Marie : Malikum essalam, ca va? Eyak la bes?
Policiers 1 et 2 : Ca va, el hamdulillah. Et vous, la santé?
Marie : Machallah, ca va bien merci.
Policier 2 : Vous touriste ici?
Marie : Non, non, je travaille à Nouadhibou.
Policier 1 : Ah bon, où ça?
Marie : A Cansado, au CNROP (ancien nom de l'IMROP, plus connu)
Policier 2 : Ah c'est bien, depuis combien de temps vous êtes à Nouadhibou?
Marie : Depuis le mois de mai.
Policier 1 : Ah c'est bien, ça vous plaît ici?
Marie : Oui, très bien merci.
Policier 1 : Et vous êtes cadre ici?
Marie : Oui si on veut, je travaille à l'administration du CNROP.
Policer 1 : Excusez-moi pour ces termes, mais vous êtes mariée?
Marie : Eh oui!
Policier 1 : Okay, c'est bon, vous pouvez partir!
Marie : Shoukrane, aurevoir!

Et me voilà repartie, sans même avoir montré mon permis ou les papiers du véhicule...

dimanche 13 septembre 2009

Le Ramadan

Il ne reste qu'une petite semaine de Ramadan et je prends enfin le temps de vous en parler.

Le mois de Ramadan
Le Ramadan est un des 5 piliers de l'Islam, à savoir: la déclaration de foi prononcée par le musulman pour se convertir, la série de prières ponctuant la journée, l'aumône, le pèlerinage et le jeûne du Ramadan.

Le Ramadan est le neuvième mois du calendrier musulman, qui est basé sur la lune, ce qui explique que ce mois de jeûne se décale tous les ans par rapport à notre calendrier. Il y a en effet onze jours de moins dans le calendrier hégirien que dans le calendrier grégorien.

Cette année le mois de Ramadan a débuté le 22 août, car la nouvelle lune était visible la nuit précédente, et doit se terminer au bout de 4 semaines, à l'apparition de la nouvelle lune, soit le 19 ou le 20 septembre. Un système centralisant les appels est mis en place, car il suffit que la lune soit visible en un unique endroit dans le pays pour que la fin du Ramadan soit décrétée pour l'ensemble des habitants de Mauritanie.

Le jeûne
Les musulmans doivent jeûner entre l'aube et le crépuscule, c'est-à-dire ils ne doivent pas manger, boire, fumer ou avoir des relations sexuelles. Le jeûne ("essaom") n'est pas observé par les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes, tandis que les personnes malades, les femmes ayant leurs règles et les voyageurs doivent reporter les journées de jeûne après le Ramadan. Pour des précisions amusantes sur les conventions du jeûne, cliquez ici.

La rupture du jeûne
La rupture du jeûne ("leftour") a lieu au coucher du soleil. A ce moment là, les familles se rassemblent, les commerces ferment et la ville est drôlement calme. Le repas du leftour est généralement composé comme suit:
- tout d'abord des dattes (de la récente récolte de l'été) éventuellement trempées dans du beurre pour les rendre encore plus fondantes (hummm...)
- une soupe car il est conseillé de boire quelque chose de chaud après le jeûne. Il s'agit souvent d'une soupe de maïs bien nourrissante ("enshé").
- toutes sortes de beignets sucrés ou salés, garnis de viande, des crêpes et des gâteaux.
- toutes sortes de boissons: jus de mangue, bissap, lait, zrig (lait fermenté) et biensûr le thé mauritanien.

Après ce premier "en-cas" vers 19h30, au coucher du soleil, un deuxième repas est prévu vers 21h, avec un plat traditionnel: des féculents (riz ou pâtes) accompagnés de viande ou de poisson, et de légumes ou de crudités. Après ce repas, les mauritaniens sortent. Ils vont se balader, rendre visite à leurs voisins, familles ou amis, et faire du sport. Il n'est pas rare d'assister à un tournoi de football en pleine nuit! Après s'être dépensés, les mauritaniens ont droit à un troisième repas, généralement après minuit. Enfin, peu de temps avant la première prière du matin vers 5h, certains mangent à nouveau. Les personnes indépendantes ou ne travaillant pas dorment généralement jusqu'à midi, et les administrations comme la mienne adaptent leurs horaires: nous sommes passés de 8h-16h à 9h-16h.

L'ambiance "Ramadan"
Le rythme est donc au ralenti dans la journée durant ce mois... Mais la nuit est agitée et l'expression "faire du ramdam" trouve son origine dans le mois du Ramadan...

Des émissions spéciales sont prévues sur Télé Mauritanie, et notamment un concours de lecture et de récitation du Coran. Tous les soirs, des jeunes garçons lisent ou récitent une partie du Coran sous l'oeil critique d'un religieux, éliminant les moins bons élèves, afin de ne garder qu'un seul vainqueur à la fin du Ramadan. C'est un peu leur Star Ac' à eux...

Il faut dire que tout bon musulman, en plus de jeûner, doit lire ou réciter par coeur le Coran au moins une fois durant ce mois, mais aussi donner l'aumône aux pauvres. C'est un mois de recueillement. Le jeûne est vu comme un bienfait et non comme une contrainte. Il y a jeûne du corps, mais le coeur doit aussi jeûner et développer ses qualités: le Ramadan doit amener à la bonté, la bienveillance, la patience, la persévérance, la justice, la solidarité, la fraternité, et il doit réduire l'égoïsme, l'individualisme, l'hypocrisie, la médisance ou la jalousie...

Selon les théologiens musulmans, ce n'est pas le jeûne en soi qui fait des croyants des musulmans, mais le fait de considérer ce jeûne comme un acte religieux. Ainsi, ceux qui le considèrent comme un acte traditionnel et culturel ne sont pas musulmans malgré leur bonne pratique du jeûne.

Mon Ramadan
Ce n'est donc pas en bonne musulmane que j'ai tenté l'expérience, mais en tant qu'occidentale curieuse, défiant son estomac et sa volonté! J'ai donc jeûné durant quatre jours et rompu chaque soir le jeûne avec mes amis mauritaniens. La conclusion est la suivante: la sensation de faim est fugace et peu prononcée, mais la soif est bien plus pénible... C'est par contre très fatigant, car après avoir vécu toute la nuit, il faut assurer la journée au boulot!

mercredi 19 août 2009

De l'usage du cure-dent...

Quand on se balade dans les rues de Nouadhibou, une des choses qui peut surprendre, est l'utilisation du cure-dent par un très grand nombre d'habitants. Et attention, il ne s'agit pas de n'importe quel cure-dent! Les Mauritaniens utilisent traditionnellement les branches d'un arbre dénommé "atil", qui ressemble à un gros buisson plein d'épines, et pousse facilement dans les contrées désertiques.

En voici un qui a pris une forme tout à fait romantique, dans le Parc National du Banc d'Arguin.


Aujourd'hui, il ne suffit plus aux mauritaniens urbanisés de prélever une petite branche pour se curer les dents, mais il est très aisé de trouver un marchand de rue vendant le petit bâtonnet recherché. Il s'agit encore de petites branches, qu'il faut tout d'abord mordiller à une extrémité afin que la fibre se ramollisse et prenne l'aspect d'un petit pinceau à poils durs. Il est alors possible de se "brosser" les dents avec ce gadget simple et naturel. Seul inconvénient, la fibre s'effiloche petit à petit, se disloquant dans la bouche... Les mauritaniens recrachent donc, plus ou moins discrètement, ces morceaux de fibre...

Toutefois, selon le site www.touba-internet.com, il est recommandé de se curer les dents avant la prière, même si ce n'est pas un rite officiel des ablutions. Il y est conseillé de se curer fréquemment les dents, car l'usage du cure-dent (attention, apprêtez-vous à rire): attire la grâce d'Allah, provoque l'irritation et la colère de Satan, fait conserver la foi jusqu'au dernier souffle, atténue les affres de l'agonie, multiplie les chances d'avoir de la fortune, aiguise l'intelligence, améliore la vue, facilite l'expression, facilite la digestion, rend les dents plus solides et la bouche plus propre (là, je suis d'accord!), embellit la chevelure et retarde la vieillesse!

Alors n'hésitez plus à vous curer les dents!

mardi 4 août 2009

La photo du jour

Un "centre commercial" de Nouadhibou... Au moins, le patron/caissier a l'air à l'aise assis sur ses cartons...

samedi 13 juin 2009

Le henné

J'ai été conviée à une séance de henné, et me retrouve maintenant presque mauritanienne, avec le bout des doigts et des orteils orange et des fleurs sur les paumes et les pieds.

Liste de courses:

- du henné (sorte de poudre verte que l'on trouve sur le marché);
- de l'eau tiède pour former une pâté collante;
- des pochoirs autocollants à poser sur la peau pour obtenir de jolis motifs.

Une fois les motifs collés sur la peau, et la pâte formée, il faut l'appliquer sur les autocollants sans dépasser, envelopper la main ou le pied dans un sachet plastique, laisser imprégner au moins une heure, avant de tout décoller. Surtout ne pas rincer à l'eau (...) avant le lendemain, mais par contre enduire de déodorant en spray pour fixer... Conséquence: vous avez droit le soir là de manger dans le grand plat commun avec une cuillère plutôt qu'avec votre main droite, pour ne pas gâter le travail!


Il a déjà bien passé, c'était bien plus orange flash au début. C'est pas du grand art, je ferai faire ça plus professionnellement la prochaine fois...

mercredi 10 juin 2009

Le hammam

Nous avons testé avec Anne-Laure, une française qui prépare une thèse de géographie à Nouadhibou, le hammam mauritanien. Nous avons choisi le Hammam Paris, histoire de ne pas être trop dépaysées! Que nenni!

Première étape: dans une salle humide et très chaude, on s'asperge d'eau et se lave avec un savon sous forme de pâte brunâtre tout à fait particulier.

Deuxième étape: dans une salle humide et chaude, on se fait gommer toute surface du corps par une énergique "mama africaine" avec une sorte de gant de crin synthétique. Le dicton "il faut souffrir pour être belle" prend tout son sens, car ce n'est pas vraiment une partie de plaisir sur le moment! On perd des kilos de peau... et les femmes se moquent gentillement de nous devant toute cette peau morte, car le faisant plus régulièrement, elles en perdent moins...

Troisième étape: on se lave à nouveau et on se rince.
Résultat: une peau propre qui respire! Ca fatigue un peu, mais ça fait drôlement du bien! On testera certainement le hamman Las Palmas la prochaine fois!

La censure des films

Dans mon superbe appart pour expatriés, j'ai même une télé avec le câble (qui fonctionne quand la parabole sur le toit n'est pas trop pertubée par le vent, fort présent ici).

J'ai donc une chaîne en français (TV5), quelques chaînes espagnoles ou coréennes, et d'innombrables chaînes arabophones du Maroc, d'Algérie, de Tunisie, de Lybie, d'Egypte, du Liban et de toute la péninsule arabique, avec leurs séries bien typiques, où il n'est pas difficle de comprendre l'intrigue malgré l'ignorance de l'arabe... Heureusement, il y a aussi les fameuses chaînes MBC1, MBC 2 etc... qui diffusent des films américains en VO... sous-titrés en arabe!

Voici un exemple de Little Miss Sunshine:


C'est bien commode et ça change des séries à l'eau de rose en arabe. Seulement voilà, les films sont censurés: les insultes et les scènes de baisers, ou plus si affinités, sont coupées. Cela peut parfois géner la compréhension du film. Imaginez le film "Mary à tout prix", où Mary se retrouve avec une houpette sur le front sans que le spectateur ne comprenne pourquoi, car les scènes précédentes ont été coupées...

jeudi 14 mai 2009

Serrer la main en Mauritanie

Dimanche dernier, mon premier jour de travail (à noter que la semaine de travail se déroule ici du dimanche au jeudi, et les jours de repos sont les vendredi et samedi, pour une question religieuse sur laquelle je reviendrai par la suite).

Pierre, mon seul et unique collègue français, me fait d'abord rencontrer mon supérieur hiérarchique, Mamoudou Aliou Dia, le directeur de l'Institut Mauritanien des Recherches Océanographiques et des Pêches, avant de faire le tour de l'ensemble du personnel pour les présentations. Tout se passe bien, jusqu'à ce que je recontre Mahfoud, directeur scientifique, qui refuse de me serrer la main, secouant la sienne devant lui, faisant signe que non, lui ne serre pas la main aux femmes...

On m'avait prévenue que les maures sont beaucoup moins enclins à serrer la main des femmes que les noirs africains, mais motivée par ce premier jour de travail et cette nouvelle expérience, j'ai tendu la main la première...

Il faut donc en retenir qu'une femme doit ici toujours attendre que la main de l'autre lui soit d'abord tendue afin de pouvoir la serrer. Cela permet de ne pas heurter les habitudes de l'autre d'une part, et de ne pas être embarrassée plus que nécessaire d'autre part...

samedi 9 mai 2009

Le 8 Mai à Nouadhibou



Le patriotisme est toujours plus fort quand on est à l'étranger...
Voici le drapeau français flottant au dessus de l'Alliance Française pour le 8 Mai.