lundi 17 mai 2010

Roadtrip to Bamako

Pami ko Bamako! Eh oui, ça pouvait paraître inimaginable, irréalisable, très rude pour deux jeunes toubabs incultes en mécanique, partant pour l'inconnu et poursuivies par les méchants salafistes, mais elles l'ont fait! Nouadhibou-Bamako par la route, en R21, aller et retour!

Et ce défi hors du commun ne fut autre finalement qu'une grande aventure parsemée de riches rencontres, de belles découvertes et de superbes paysages, le tout agrémenté d'une chaleur poussiéreuse inhabituelle! Merci à nos hôtes tout au long du voyage pour avoir partagé avec nous un petit bout de leurs vies, aux Maliens pour leur extrême gentillesse mais aussi aux Sénégalais, qui ne se sont pas avérés si méchants!

Pour les photos, cliquez là:
Pirogue sur le Sénégal, à Bakel

mercredi 24 mars 2010

Mariage peul

J'ai assisté au mariage de la nièce d'une collègue de travail. Toutes les femmes de l'IMROP avaient décidé de porter la même tenue: on avait donc acheté un rouleau de beau tissu blanc et on est chacune allée chez son tailleur.

Les femmes de l'IMROP (cherchez la toubab!)

La cérémonie de l'attachement, l'équivalent de nos fiançailles, a généralement lieu quelques jours auparavant, auprès d'un imam qui bénit en quelque sorte l'union à venir. C'est à ce moment là que l'homme verse une somme à la famille de la jeune femme. Cette "dote" peut aller de quelques milliers d'ouguiyas seulement chez les peuls et dans toutes les ethnies négro-mauritaniennes, à plusieurs centaines de miliers d'ouguiyas chez les maures. Ce système de dote est une des raisons pour laquelle les hommes maures se marient généralement tard: il faut d'abord travailler et épargner suffisamment!

Mais revenons à notre mariage peul. Le jour du mariage, la cérémonie commence à la mi-journée. Les femmes se rassemblent chez les unes et chez les autres pour se parer de leurs plus belles tenues, et arrivent par groupe sous les tentes montées pour l'occasion. Chacun sa tente: les hommes dans une, les femmes dans l'autre. Les griottes chantent quelques chansons accompagnées par les percussions des calebasses, puis le DJ met en route la musique: Youssou N'Dour, Baaba Maal et autre chanteurs peuls. Quelques femmes se lèvent et dansent. Puis le repas est servi. Les femmes, assises en tailleur, se regroupent en cercle et mangent autour d'un même plat. Ce sont les jeunes hommes de la famille qui aident au service. Les hommes eux mangent dans leur tente.

Sous la tente des femmes

Après cela, les femmes retournent chez elles pour enfiler une deuxième tenue et remettre un petit coup de parfum! Cette fois-ci c'est la grande tenue! De retour sous les tentes, les hommes se sont dispersés laissant place aux femmes: les plus vieilles investissent une tente tandis que les plus jeunes (qui n'étaient pas là en première partie de cérémonie) s'installent dans l'autre en attendant le couple de jeunes mariés. Une petite allée centrale et un canapé les attendent. Des petits encas sucrés sont servis et de la musique accompagne le tout. Les demoiselles d'honneur ou "hôtesses d'accueil" s'affèrent dans leur tenue unique.

Tenues pour la deuxième partie du mariage!

Arrive alors la mariée avec un cousin et ses deux hôtesses d'honneur. Non, le marié n'est pas là! Les femmes proches de la mariée s'avancent jusqu'à elle en dansant dans l'allée, et une séance photo commence. Puis doucement, la foule se disperse. Un deuxième repas (il est autour de 20h) est servi pour ceux qui le souhaitent. C'est la fin du mariage.

La mariée entourée de ses tantes et ses "hôtesses" d'honneur.

Trois points m'ont étonné. Tout d'abord, le marié n'était pas là. Il était resté au bled, dans la région de Boghé (au sud du pays) avec sa famille, en attendant l'arrivée de sa femme. Ce n'est donc qu'à la fin du mariage que j'ai compris qu'il s'agissait plus d'une cérémonie d'aurevoir à la mariée organisée par toute sa famille et ses connaissances, qu'une véritable union. Apparemment cela se fait beaucoup, avant que la jeune femme ne quitte les siens pour rejoindre son mari.

Deuxièmement, la mariée n'avait pas vraiment l'air heureuse. Deux explications me semblent possibles. Soit c'est un mariage forcé, ce que je n'ai pas réussi à savoir (il est possible qu'elle n'aie même jamais vu son mari), soit c'est un aspect culturel de ne pas montrer ses émotions. Chez les maures, on ne montre même pas la mariée, elle est cachée derrière un voile intégral. Peut-être qu'il est mal vu chez les peuls de montrer une mariée heureuse et épanouie.

Enfin, il n'y a pas eu de véritables moments de fête, avec de la danse et des chants. Un DJ était là pour s'occuper de la musique, avec un matériel impressionant, mais à aucun moment les invités ne se sont mis à danser. Il était autour de 21h, une belle tente bien éclairée était montée, la musique tournait, promettant à une grande partie de danse, mais rien. Ce fut donc un peu décevant!

Reste maintenant à assister à un mariage maure, mais faut-il encore se faire inviter! Nous y travaillons donc!

mardi 16 mars 2010

Baaba Maal

Grand évènement cette semaine pour les peuls de Nouadhibou: leur grand chanteur préféré était de passage dans la ville pour deux concerts, dans la salle du Zem Zem. Ambiance haute en couleur pour ce chanteur d'origine toucouleur.

Baaba Maal entouré de ses deux danseuses. A droite, Mansour Seck.

Baaba Maal est né dans le Nord du Sénégal dans une famille de pêcheurs au bord du fleuve. Sa tribu de pêcheurs ne lui permet donc pas tradionnellement de faire de la musique. C'est son grand ami Mansour Seck, issu d'une tribu de griots, qui lui apprend la musique. Ils vont silloner ensemble les routes ouest-africaines à la rencontre des musiques tradionnelles et du folklore griot. Baaba part ensuite étudier la musique occidentale au Conservatoire de musique de Paris avant de rentrer à Dakar et monter avec Mansour le groupe Daande Lenol, qui signifie "la voix du peuple" en poular, langue parlée par les peuls. La musique du groupe est caractérisée par le mélange de sonorités traditionnelles et plus modernes, avec des guitares électriques et un clavier.

Vous pouvez venir l'écouter ici ou le voir là.

dimanche 21 février 2010

Reportages photos!

Ca y est, les photos sont enfin arrivées! Pas le temps de chômer depuis mon retour à Nouadhibou. Le dernier mois a été bien rempli et voici les reportages en images de ma mission au Banc d'Arguin avec des chercheurs français du CNRS travaillant sur les herbiers et leur rôle sur l'écosystème du Banc (cliquez sur la photo pour accèder au lien)


et de mon périple avec Louis, Clotilde et Anne-Laure dans l'Adrar, afin de découvrir (enfin!) cette superbe région (cliquez sur la photo pour accèder au lien).


Attention à vous, vous allez en prendre plein les yeux!

dimanche 7 février 2010

Jeu en image!

Après deux semaines passées dans le Parc National du Banc d'Arguin et de nombreuses découvertes en tout genre, c'est à moi de vous faire découvrir une drôlerie:


Saurez-vous deviner à quoi sont dûes ces traces de cercle les unes à côté des autres dans la vasière? Soyez créatifs et laissez vos idées en commentaires!

jeudi 21 janvier 2010

Départ immédiat pour Iwik...

Départ pour une mission de recherche à Iwik, au Banc d'Arguin, pendant 13 jours et 12 nuits...

Nouadhibou et le Banc d'Arguin

lundi 18 janvier 2010

Le drapeau mauritanien

J'ai déjà souvent affiché le drapeau mauritanien dans mes articles précédents. Aujourd'hui, je vais en parler plus spécifiquement.

Il a été adopté en 1958, soit deux ans avant l'indépendance du 28 novembre 1960. Sur un fond vert, se détachent au centre un croissant et une étoile de couleur jaune.


Le vert représente l'Islam. Selon le Coran, le paradis serait en effet un espace verdoyant où abonde l'eau et où les hommes portent des habits de soie vert. Ce serait aussi la couleur préferée du prophète Mahomet.

La couleur jaune ou or, représenterait l'immensité dunaire du désert du Sahara, composant presque les deux tiers du pays.

Le croissant lunaire et l'étoile sont tous deux des symboles de l'Islam, inspiré du drapeau ottoman. Le croissant est une représentation indirecte d'Allah. L'Islam interdit en effet la symbolisation d'Allah. Or, en arabe, le mot "hilâl" (croissant) s'écrit avec les lettres hé, lam, elif, lam, tandis qu'Allah s'écrit élif, lam, lam, hé. Ces deux mots s'écrivent donc avec les mêmes lettres, et le croissant devient ainsi un moyen détourné de représenter Allah.

Quant à l'étoile, il est dit que ses 5 branches représentent les 5 piliers de l'Islam que j'ai déjà évoqués: la profession de foi (attestant qu'il n'y a pas d'autre Dieu que Allah, et que Mahomet est son prophète); les prières quotidiennes; le jeûne du Ramadan; la charité et l'aumône; le hadj (ou pélérinage).

dimanche 10 janvier 2010

28 Novembre - Réponse au quiz

Voici la réponse en image du quiz du 28 novembre:


Il s'agissait donc bien d'une des 4 ou 5 grosses supérettes à Nouadhibou.

Pour ce qui est des noms de rues dans la ville, il faut savoir qu'à Nouadhibou seulement deux rues portent un nom: le boulevard médian, au centre de la ville, et le boulevard maritime, proche du port. Pour se repérer ou indiquer une destination, il n'est donc pas possible de donner une adresse... il faut connaître le nom des quartiers et se repérer grâces aux échoppes, aux carrefours, aux couleurs parfois farfelues des maisons. Par exemple, "j'habite une grande maison jaune à Qhairane (nom du quartier) le long du boulevard médian près du 28 novembre". Vous venez quand vous voulez!

jeudi 7 janvier 2010

Tourisme : Une reprise encore bien timide

Article de RFI paru le 28 décembre 2009

Depuis mars 2008 et l’arrêt des vols charters à destination de l’Adrar, la région la plus visitée de Mauritanie, le secteur touristique est sinistré. L’annonce mi-novembre du redémarrage de la desserte hebdomadaire par le tour opérateur Point-Afrique avait suscité un grand espoir chez tous les acteurs du secteur. Mais les enlèvements consécutifs de trois Espagnols le 29 novembre et d’un couple d’Italiens le 18 décembre place d’ores et déjà la saison sous de bien sombres auspices.

Le 20 décembre devait être un jour de fête pour le tourisme en Mauritanie, avec l’arrivée dans l’Adrar du premier charter depuis la suspension des vols en mars 2008. Mais l’enlèvement des trois Espagnols, suivi de celui des Italiens, deux jours seulement avant l’atterrissage, a changé la donne. Et c’est en toute discrétion que 98 passagers en majorité français et belges ont débarqué à Atar pour passer Noël dans le désert.

Malgré la menace terroriste, Point-Afrique a décidé de maintenir la destination, mais avec des aménagements. Selon Maurice Freund, représentant du tour opérateur, tout a été fait pour optimiser la sécurité. Les circuits vers le Ban d’Arguin, trop proche du lieu d’enlèvement des Espagnols, ont été supprimés. Les guides ont été encartés. Pour éviter les faux guides, chaque groupe dispose d’une balise Argos, et un itinéraire prévisionnel est communiqué toute les quarante-huit heures à la gendarmerie.

Pour cette semaine d’ouverture, aucun incident n’a été signalé. Le 27 décembre, les quatre-vingt-dix-huit premiers touristes ont fait place aux 175 suivants, accueillis par le ministre du Tourisme en personne. Mais les professionnels, comme Chebani, directeur de l’agence Pro-service, sont loin de crier victoire.

Au-delà des 45 touristes arrivés dans son campement le 27 décembre, Chebani compte bien quelques réservations pour février. Mais entre les deux et après, rien. « Si on arrive à faire venir 2 000 personnes dans l’Adrar, ce sera bien admet-il. 2 000, ce n’est rien comparé aux 14 000 que la région accueillait en 2006, ajoute- t-il. Mais ce sera le double de l’année dernière».

Mauritanews

Bonjour et bienvenue pour cette nouvelle édition de Mauritanews. A la une aujourd'hui:
- la libération des trois hommes d'affaires mauritaniens arrêtés pour corruption et malversation;
- le renforcement de la loi antiterroriste;
- une fatwa interdisant toute atteinte aux étrangers;
- la fin de la grève de la presse mauritanienne;
- et le rallye Raid Africa.

Libération des hommes d'affaires arrêtés pour corruption
Cela faisait presque un mois que les trois hommes d'affaires Mohamed Ould Noueigued (PDG de la Banque Nationale de Mauritanie), Cherif Ould Abdallahi (président du Conseil d'Administration de la banque islamique Wava) et Abdou Maham (propriétaire d'une société d'import-export) avaient été arrêtés pour corruption lorsqu'ils ont été libérés sous contrôle judiciaire en début de semaine après avoir conclu un accord sur le paiement des sommes encaissées lors des malversations. Le montant pourrait s'élever à 10 milliards d'ouguiyas, soit environ 25 millions d'euros.

Les trois hommes appartiennent à la même tribu que l'ancien président (1984-2005) Maaouya Ould Taya (et de mon chauffeur préféré au boulot), et se sont placés du côté de l'opposition de Mohamed Ould Abdelaziz lors des élections qui l'ont vu accéder au poste de président en juillet 2009. Selon les trois hommes, leurs arrestations seraient donc une sanction de l'opposition, mais selon le gouvernement, elles rentrent dans le cadre de la lutte contre la gabégie et le détournement de fonds publics.

Loi antiterroriste renforcée
Une autre lutte entreprise par le gouvernement est celle contre le terrorisme. Après l'attentat du mois d'août, premier attentat kamikaze en Mauritanie, et les diverses prises d'otages depuis le mois de novembre, l'Assemblée nationale a adopté des amendements à la loi antiterroriste de 2005. Ces amendements autorisent notamment à placer sur écoute toute personne suspectée de terrorisme et de perquisitionner son domicile à toute heure (auparavant interdit après 22h). Par ailleurs, la coopération entre la Mauritanie et les autres pays en matière d'échange d'information et d'extradition de suspect est renfoncée.

L'opposition fustige ces amendements qui représentent une "dérive dictatoriale" et visent à "restreindre les libertés individuelles" et à "donner carte blanche aux forces de sécurité pour malmener qui ils veulent".

L'Islam et la tolérance
De leurs côtés, les leaders religieux mauritaniens se penchent également sur le problème naissant du terrorisme dans le pays, en organisant avec le Ministère de l'Orientation Islamique et de l'Enseignement Originel, un colloque pour débattre du "vrai message de l'Islam" face à la violence.

Lors de la cérémonie d'ouverture, le président Abdelaziz a insisté sur la tradition de tolérance de l'Islam en Mauritanie où cette religion est pratiquée depuis près de 13 siècles.

C'est aussi à cette occasion que Mohamed Hassan Ould Dedew, guide spirituel des islamistes mauritaniens, a rendu une fatwa (décret religieux) interdisant "toute atteinte aux étrangers non musulmans se trouvant sur le sol mauritanien. Il est formellement interdit pas notre sainte religion de léser, attenter, enlever ou exposer les étrangers aux chantages, que ce soit homme ou femme."

Grève de la presse mauritanienne
Dimanche 3 janvier, les journaux n'étaient pas disponibles dans les kiosques, hormis le journal d'Etat Horizon. La raison de la grève est simple: les éditeurs de journaux bénéficient jusqu'à présent d'une réduction des tarifs d'impression de la part de l'Imprimerie Nationale, qui souhaite à présent annuler cette faveur, étant elle-même en difficulté financière suite au non versement de la subvention gouvernementale en 2009. Cela aurait pour conséquence de multiplier par 4 les coûts d'impression, menant directement la plupart des journaux "aux vieux papiers"! Rappelons qu'il existe presque une trentaine de quotidiens et hebdomadaires en Mauritanie, dont les plus lus sont tirés à 1500 exemplaires.

Finalement, le Premier Ministre et le Ministre de la Communication ont décidé de prolongé les tarifs subventionnés à la presse, en continuant de verser l'aide financière indirecte à l'Imprimerie Nationale. Un projet de loi sur une aide directe aux éditeurs est en cours.

Le Raid Africa
Enfin, dans le domaine sportif, le rallye Raid Africa RS rassemble 250 concurrents de différentes nationalités européennes depuis le 30 décembre, avec 70 voitures et 3 motos. Après trois étapes mauritaniennes, les concurrents rejoindront Dakar. Le fameux Paris-Dakar a fait des petits après s'être exporté en Amérique Latine...

lundi 4 janvier 2010

La photo du jour

Cliquez sur l'illustration pour plus de photos.

Tout juste de retour à Nouadhibou pour observer avec crainte un feu dans une des gazras (bidonvilles) à côté de la maison: les baraques en bois sont idéales pour le développement d'un tel brasier... Heureusement les pompiers de Nouadhibou ont réussi à maîtriser le feu assez rapidement. S'agit-il d'un simple incident domestique ou alors d'une mesure de déguerpissement comme me l'a suggéré A-L? Les gazras sont en effet constituées de baraques de fortune installées illégalement...