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mercredi 24 mars 2010

Mariage peul

J'ai assisté au mariage de la nièce d'une collègue de travail. Toutes les femmes de l'IMROP avaient décidé de porter la même tenue: on avait donc acheté un rouleau de beau tissu blanc et on est chacune allée chez son tailleur.

Les femmes de l'IMROP (cherchez la toubab!)

La cérémonie de l'attachement, l'équivalent de nos fiançailles, a généralement lieu quelques jours auparavant, auprès d'un imam qui bénit en quelque sorte l'union à venir. C'est à ce moment là que l'homme verse une somme à la famille de la jeune femme. Cette "dote" peut aller de quelques milliers d'ouguiyas seulement chez les peuls et dans toutes les ethnies négro-mauritaniennes, à plusieurs centaines de miliers d'ouguiyas chez les maures. Ce système de dote est une des raisons pour laquelle les hommes maures se marient généralement tard: il faut d'abord travailler et épargner suffisamment!

Mais revenons à notre mariage peul. Le jour du mariage, la cérémonie commence à la mi-journée. Les femmes se rassemblent chez les unes et chez les autres pour se parer de leurs plus belles tenues, et arrivent par groupe sous les tentes montées pour l'occasion. Chacun sa tente: les hommes dans une, les femmes dans l'autre. Les griottes chantent quelques chansons accompagnées par les percussions des calebasses, puis le DJ met en route la musique: Youssou N'Dour, Baaba Maal et autre chanteurs peuls. Quelques femmes se lèvent et dansent. Puis le repas est servi. Les femmes, assises en tailleur, se regroupent en cercle et mangent autour d'un même plat. Ce sont les jeunes hommes de la famille qui aident au service. Les hommes eux mangent dans leur tente.

Sous la tente des femmes

Après cela, les femmes retournent chez elles pour enfiler une deuxième tenue et remettre un petit coup de parfum! Cette fois-ci c'est la grande tenue! De retour sous les tentes, les hommes se sont dispersés laissant place aux femmes: les plus vieilles investissent une tente tandis que les plus jeunes (qui n'étaient pas là en première partie de cérémonie) s'installent dans l'autre en attendant le couple de jeunes mariés. Une petite allée centrale et un canapé les attendent. Des petits encas sucrés sont servis et de la musique accompagne le tout. Les demoiselles d'honneur ou "hôtesses d'accueil" s'affèrent dans leur tenue unique.

Tenues pour la deuxième partie du mariage!

Arrive alors la mariée avec un cousin et ses deux hôtesses d'honneur. Non, le marié n'est pas là! Les femmes proches de la mariée s'avancent jusqu'à elle en dansant dans l'allée, et une séance photo commence. Puis doucement, la foule se disperse. Un deuxième repas (il est autour de 20h) est servi pour ceux qui le souhaitent. C'est la fin du mariage.

La mariée entourée de ses tantes et ses "hôtesses" d'honneur.

Trois points m'ont étonné. Tout d'abord, le marié n'était pas là. Il était resté au bled, dans la région de Boghé (au sud du pays) avec sa famille, en attendant l'arrivée de sa femme. Ce n'est donc qu'à la fin du mariage que j'ai compris qu'il s'agissait plus d'une cérémonie d'aurevoir à la mariée organisée par toute sa famille et ses connaissances, qu'une véritable union. Apparemment cela se fait beaucoup, avant que la jeune femme ne quitte les siens pour rejoindre son mari.

Deuxièmement, la mariée n'avait pas vraiment l'air heureuse. Deux explications me semblent possibles. Soit c'est un mariage forcé, ce que je n'ai pas réussi à savoir (il est possible qu'elle n'aie même jamais vu son mari), soit c'est un aspect culturel de ne pas montrer ses émotions. Chez les maures, on ne montre même pas la mariée, elle est cachée derrière un voile intégral. Peut-être qu'il est mal vu chez les peuls de montrer une mariée heureuse et épanouie.

Enfin, il n'y a pas eu de véritables moments de fête, avec de la danse et des chants. Un DJ était là pour s'occuper de la musique, avec un matériel impressionant, mais à aucun moment les invités ne se sont mis à danser. Il était autour de 21h, une belle tente bien éclairée était montée, la musique tournait, promettant à une grande partie de danse, mais rien. Ce fut donc un peu décevant!

Reste maintenant à assister à un mariage maure, mais faut-il encore se faire inviter! Nous y travaillons donc!

mardi 16 mars 2010

Baaba Maal

Grand évènement cette semaine pour les peuls de Nouadhibou: leur grand chanteur préféré était de passage dans la ville pour deux concerts, dans la salle du Zem Zem. Ambiance haute en couleur pour ce chanteur d'origine toucouleur.

Baaba Maal entouré de ses deux danseuses. A droite, Mansour Seck.

Baaba Maal est né dans le Nord du Sénégal dans une famille de pêcheurs au bord du fleuve. Sa tribu de pêcheurs ne lui permet donc pas tradionnellement de faire de la musique. C'est son grand ami Mansour Seck, issu d'une tribu de griots, qui lui apprend la musique. Ils vont silloner ensemble les routes ouest-africaines à la rencontre des musiques tradionnelles et du folklore griot. Baaba part ensuite étudier la musique occidentale au Conservatoire de musique de Paris avant de rentrer à Dakar et monter avec Mansour le groupe Daande Lenol, qui signifie "la voix du peuple" en poular, langue parlée par les peuls. La musique du groupe est caractérisée par le mélange de sonorités traditionnelles et plus modernes, avec des guitares électriques et un clavier.

Vous pouvez venir l'écouter ici ou le voir là.

lundi 18 janvier 2010

Le drapeau mauritanien

J'ai déjà souvent affiché le drapeau mauritanien dans mes articles précédents. Aujourd'hui, je vais en parler plus spécifiquement.

Il a été adopté en 1958, soit deux ans avant l'indépendance du 28 novembre 1960. Sur un fond vert, se détachent au centre un croissant et une étoile de couleur jaune.


Le vert représente l'Islam. Selon le Coran, le paradis serait en effet un espace verdoyant où abonde l'eau et où les hommes portent des habits de soie vert. Ce serait aussi la couleur préferée du prophète Mahomet.

La couleur jaune ou or, représenterait l'immensité dunaire du désert du Sahara, composant presque les deux tiers du pays.

Le croissant lunaire et l'étoile sont tous deux des symboles de l'Islam, inspiré du drapeau ottoman. Le croissant est une représentation indirecte d'Allah. L'Islam interdit en effet la symbolisation d'Allah. Or, en arabe, le mot "hilâl" (croissant) s'écrit avec les lettres hé, lam, elif, lam, tandis qu'Allah s'écrit élif, lam, lam, hé. Ces deux mots s'écrivent donc avec les mêmes lettres, et le croissant devient ainsi un moyen détourné de représenter Allah.

Quant à l'étoile, il est dit que ses 5 branches représentent les 5 piliers de l'Islam que j'ai déjà évoqués: la profession de foi (attestant qu'il n'y a pas d'autre Dieu que Allah, et que Mahomet est son prophète); les prières quotidiennes; le jeûne du Ramadan; la charité et l'aumône; le hadj (ou pélérinage).