lundi 28 septembre 2009

Discussion avec un policier...

... lors d'un arrêt de contrôle au carrefour "Cansado" sur le boulevard Médian de Nouadhibou.

Un des deux policiers me voit arriver dans ma belle R21 et me fait signe de la main de m'arrêter sur le côté. Les contrôles sont assez fréquents, d'autant plus que ma plaque d'immatriculation est encore française, et je sors habituellement mes papiers de la boîte à gants sans même attendre qu'on me le demande.

Mais cette fois-ci, je veux justement tester ces agents de la "sureté nationale" mauritanienne, je stationne donc sur le côté et arrête simplement le moteur.

Policier 1 : Bonjour Madame, Salamalikum.
Marie : Malikum essalam, ca va? Eyak la bes?
Policiers 1 et 2 : Ca va, el hamdulillah. Et vous, la santé?
Marie : Machallah, ca va bien merci.
Policier 2 : Vous touriste ici?
Marie : Non, non, je travaille à Nouadhibou.
Policier 1 : Ah bon, où ça?
Marie : A Cansado, au CNROP (ancien nom de l'IMROP, plus connu)
Policier 2 : Ah c'est bien, depuis combien de temps vous êtes à Nouadhibou?
Marie : Depuis le mois de mai.
Policier 1 : Ah c'est bien, ça vous plaît ici?
Marie : Oui, très bien merci.
Policier 1 : Et vous êtes cadre ici?
Marie : Oui si on veut, je travaille à l'administration du CNROP.
Policer 1 : Excusez-moi pour ces termes, mais vous êtes mariée?
Marie : Eh oui!
Policier 1 : Okay, c'est bon, vous pouvez partir!
Marie : Shoukrane, aurevoir!

Et me voilà repartie, sans même avoir montré mon permis ou les papiers du véhicule...

jeudi 24 septembre 2009

La photo du jour


Nouadhibou recèle bien des surprises: n'a-t-on pas l'impression de voir une marionnette bien connue des guignols ou le profil d'un homme politique français?

mercredi 23 septembre 2009

Week-end à Dakhla

Avec la fin du Ramadan et deux jours fériés pour l'Aïd-el-Fitr, comment ne pas vouloir s'échapper pour un week-end prolongé du tumulte de Nouadhibou?

Les villes dignes de ce nom les plus proches de Nouadhibou sont:
- au Sud Nouakchott (500km), la capitale mauritanienne, avec sa chaleur actuelle, ses trombes d'eau et ses moustiques;
- au Nord Dakhla (à prononcer "Darla", 460km) au Maroc. Autrefois appelée Villa Cisneros, quand le Sahara Occidental était une colonie espagnole, Dakhla est la jumelle de Nouadhibou, puisqu'elle se trouve également isolée en plein désert, sur une péninsule orientée Nord-Sud, et profitant à la fois de riches ressources halieutiques et d'un vent quasiment constant. C'est donc le paradis pour les kite-surfers. Mes photos sont visibles en cliquant sur l'illustration ici:


Voulant nous initier à ce sport pour profiter des conditions idéales de Nouadhibou, mais les structures (cours, location de matériel) n'étant pas présentes ici, nous avons donc opté pour la direction de Dakhla! Malheureusement, malgré sa proximité, le voyage est long: non seulement la route en plein désert n'est pas très fiable, surtout quand le vent de sable commence à souffler, mais en plus il faut traverser la frontière... Et ce n'est pas une mince affaire!

Du côté mauritanien, il y a d'abord un poste de douanes, un poste de police et un poste de gendarmerie dans des petites baraques. Il faut s'arrêter à chaque fois et les agents remplissent à la main dans un grand carnet les détails des passeports... Après environ une heure d'attente, ça y est, nous avons l'autorisation de traverser la frontière!

Mais là encore, ce n'est pas de la rigolade. Il s'agit d'une piste d'environ 4 km, traversant un no man's land entre la Mauritanie et le Sahara Occidental, revendiqué par le Maroc, et officiellement sous la tutelle de l'ONU. Il ne faut pas s'amuser à quitter la piste, car ce no man's land est truffé de mines, restes de la guerre entre le Maroc, la Mauritanie et le front Polisario (soutenu par l'Algérie) pour la revendication de ce territoire.

Arrivés du côté marocain, les infrastructures sont un peu plus sérieuses que du côté mauritanien, mais les contrôles aussi. D'énormes drapeaux marocains flottent au vent. Nos passeports et la carte grise du véhicule sont enregistrés une première fois, puis on rempli en double exemplaire une fiche de renseignement, qui doit être validée et enregistrées par la police, avant de s'enregistre à la douane. Pour finir, une fouille de la voiture est prévue. Cela nous a pris deux heures en tout. Les marocains se sont appropriés ce territoire et cela n'est pas reconnu par la communauté internationale, alors les efforts de présence sont importants! Vive les frontières européennes...

Après toutes ces démarches administratives, une route traçant tout droit dans un paysage désertique ennuyant, traverse parfois des villes fantômes pourvues de nombreuses casernes militaires au drapeau marocain. Pour s'approprier un territoire, il faut l'occuper!

La même impression de ville-caserne à Dakhla, avec ses règles et ses vitesses de conduite très respectées, ses militaires à chaque coin de rue, et son ambiance calme et bien rangée.

Nous étions logés dans un superbe hôtel au bord de l'eau, avec vue calme et reposante depuis les chambres, piscine d'eau de mer, dauphins s'amusant dans les vagues dans la matinée, et délicieux petits-déjeuners...

Mais le spot de kite se trouve plus au nord, tout au fond de la baie. Le kite-surf est ce sport récent à la mode alliant glisse et figures sur l'eau et pilotage d'une voile. Il faut s'imaginer une petite voile de parapente, que l'on manie comme un cerf-volant; et une planche aux pieds.

Le sport est accessible à tous, mais il faut tout de même quelques heures d'apprentissage... Gréer son matériel, piloter la voile, nage tractée dans l'eau en pilotant son aile, et enfin water start avec la planche, en avant pour les bords et les figures! Bon nos trois cours ne nous ont par permis de nous inscrire à la compétition du week-end prochain organisée à Dakhla, mais nous ont donné goût à ce sport nautique, que l'on va maintenant essayer de pratiquer de retour à Nouadhibou.

dimanche 13 septembre 2009

Le Ramadan

Il ne reste qu'une petite semaine de Ramadan et je prends enfin le temps de vous en parler.

Le mois de Ramadan
Le Ramadan est un des 5 piliers de l'Islam, à savoir: la déclaration de foi prononcée par le musulman pour se convertir, la série de prières ponctuant la journée, l'aumône, le pèlerinage et le jeûne du Ramadan.

Le Ramadan est le neuvième mois du calendrier musulman, qui est basé sur la lune, ce qui explique que ce mois de jeûne se décale tous les ans par rapport à notre calendrier. Il y a en effet onze jours de moins dans le calendrier hégirien que dans le calendrier grégorien.

Cette année le mois de Ramadan a débuté le 22 août, car la nouvelle lune était visible la nuit précédente, et doit se terminer au bout de 4 semaines, à l'apparition de la nouvelle lune, soit le 19 ou le 20 septembre. Un système centralisant les appels est mis en place, car il suffit que la lune soit visible en un unique endroit dans le pays pour que la fin du Ramadan soit décrétée pour l'ensemble des habitants de Mauritanie.

Le jeûne
Les musulmans doivent jeûner entre l'aube et le crépuscule, c'est-à-dire ils ne doivent pas manger, boire, fumer ou avoir des relations sexuelles. Le jeûne ("essaom") n'est pas observé par les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes, tandis que les personnes malades, les femmes ayant leurs règles et les voyageurs doivent reporter les journées de jeûne après le Ramadan. Pour des précisions amusantes sur les conventions du jeûne, cliquez ici.

La rupture du jeûne
La rupture du jeûne ("leftour") a lieu au coucher du soleil. A ce moment là, les familles se rassemblent, les commerces ferment et la ville est drôlement calme. Le repas du leftour est généralement composé comme suit:
- tout d'abord des dattes (de la récente récolte de l'été) éventuellement trempées dans du beurre pour les rendre encore plus fondantes (hummm...)
- une soupe car il est conseillé de boire quelque chose de chaud après le jeûne. Il s'agit souvent d'une soupe de maïs bien nourrissante ("enshé").
- toutes sortes de beignets sucrés ou salés, garnis de viande, des crêpes et des gâteaux.
- toutes sortes de boissons: jus de mangue, bissap, lait, zrig (lait fermenté) et biensûr le thé mauritanien.

Après ce premier "en-cas" vers 19h30, au coucher du soleil, un deuxième repas est prévu vers 21h, avec un plat traditionnel: des féculents (riz ou pâtes) accompagnés de viande ou de poisson, et de légumes ou de crudités. Après ce repas, les mauritaniens sortent. Ils vont se balader, rendre visite à leurs voisins, familles ou amis, et faire du sport. Il n'est pas rare d'assister à un tournoi de football en pleine nuit! Après s'être dépensés, les mauritaniens ont droit à un troisième repas, généralement après minuit. Enfin, peu de temps avant la première prière du matin vers 5h, certains mangent à nouveau. Les personnes indépendantes ou ne travaillant pas dorment généralement jusqu'à midi, et les administrations comme la mienne adaptent leurs horaires: nous sommes passés de 8h-16h à 9h-16h.

L'ambiance "Ramadan"
Le rythme est donc au ralenti dans la journée durant ce mois... Mais la nuit est agitée et l'expression "faire du ramdam" trouve son origine dans le mois du Ramadan...

Des émissions spéciales sont prévues sur Télé Mauritanie, et notamment un concours de lecture et de récitation du Coran. Tous les soirs, des jeunes garçons lisent ou récitent une partie du Coran sous l'oeil critique d'un religieux, éliminant les moins bons élèves, afin de ne garder qu'un seul vainqueur à la fin du Ramadan. C'est un peu leur Star Ac' à eux...

Il faut dire que tout bon musulman, en plus de jeûner, doit lire ou réciter par coeur le Coran au moins une fois durant ce mois, mais aussi donner l'aumône aux pauvres. C'est un mois de recueillement. Le jeûne est vu comme un bienfait et non comme une contrainte. Il y a jeûne du corps, mais le coeur doit aussi jeûner et développer ses qualités: le Ramadan doit amener à la bonté, la bienveillance, la patience, la persévérance, la justice, la solidarité, la fraternité, et il doit réduire l'égoïsme, l'individualisme, l'hypocrisie, la médisance ou la jalousie...

Selon les théologiens musulmans, ce n'est pas le jeûne en soi qui fait des croyants des musulmans, mais le fait de considérer ce jeûne comme un acte religieux. Ainsi, ceux qui le considèrent comme un acte traditionnel et culturel ne sont pas musulmans malgré leur bonne pratique du jeûne.

Mon Ramadan
Ce n'est donc pas en bonne musulmane que j'ai tenté l'expérience, mais en tant qu'occidentale curieuse, défiant son estomac et sa volonté! J'ai donc jeûné durant quatre jours et rompu chaque soir le jeûne avec mes amis mauritaniens. La conclusion est la suivante: la sensation de faim est fugace et peu prononcée, mais la soif est bien plus pénible... C'est par contre très fatigant, car après avoir vécu toute la nuit, il faut assurer la journée au boulot!

samedi 12 septembre 2009

Un week-end au paradis

Imaginez une plage de sable fin... une eau calme et très bonne... des vaguelettes venant lécher les pieds d'une dune... d'innombrables poissons qui font le bonheur des pélicans, des flamants roses, et des sternes... Le tout avec un soleil radieux et une légère brise rafraîchissante.

Imaginez une khaïma montée par des mains expertes de toubabs... des braises, des amis et du temps, les trois indispensables du thé mauritanien... un poisson frais grillé au sel... des melons sucrés et des mangues juteuses...

Imaginez une fois la nuit tombée, Jupiter brillant sur l'écliptique... la Voie Lactée vous montrant le chemin... des milliers d'étoiles à la fois dans le ciel et dans l'eau, quand le plancton s'agite... L'instant est magique...

Imaginez une nuit passée ainsi à la belle étoile, avec le son berçant du léger clapotis des vagues...

Et pour finir, imaginez un groupe de dauphins venant s'amuser au petit matin à quelques encablures du rivage...

Voilà, vous êtes arrivés dans un petit coin de paradis, déniché tout près de Nouadhibou, au nord de la Baie de l'Etoile.




mardi 8 septembre 2009

La photo du jour


Après quelques jours de jeûne et plusieurs interminables coupures d'électricité, me revoici toute affairée à l'écriture de mon blog. Et pour démarrer en image, voici un panneau élaboré annonçant la traversée des rails. Au centre de la locomotive, le sigle de la SNIM, la fameuse Société Nationale des Industries Minières, certainement le plus gros employeur de la ville de Nouadhibou.