mercredi 22 juillet 2009
La photo du jour
lundi 20 juillet 2009
Photo du jour
Les résultats définitifs sont sortis dimanche soir:
52,58% pour Aziz
16, 29% pour Boulkheir (anti-putschiste)
13,66% pour Ould Daddah (chef de l'opposition)
4,76% pour Jemil (candidat islamiste)
4,59% pour Sarr (minorité négro-mauritanienne)
3,81% pour Ely Mohammed Vall (pour la petite histoire, c'est le cousin d'Aziz... je vous raconte pas l'ambiance dans la famille!)
Les résultats sont toujours contestés par les opposants. Mais les observateurs internationaux n'ont pas décelé d'irrégularité dans les votes.
dimanche 19 juillet 2009
Résultats électoraux sans surprise
La journée de vendredi était une journée de pause dans la campagne, avant les élections qui se sont déroulées samedi dans quelques 2500 bureaux de vote sur tout le territoire mauritanien avec un peu plus d’un million d’électeurs. Les votes ne sont pas encore tous dépouillés, vue l’étendue du pays et ses villages perdus au fond du désert. Environ 250 observateurs ont été missionnés par l’Union Africaine (voir article blog) et l’Organisation Internationale de la Francophonie, mais ils ne se sont pas encore prononcés sur le déroulement de la journée de vote.
Sans surprise, c’est le candidat Mohamed Ould Abdelaziz (en photo), surnommé Aziz, qui sortirait vainqueur de ces élections présidentielles avec quelques 52% des voix (résultats partiels, 80% des votes dépouillés), ne nécessitant pas l’organisation d’un deuxième tour. Il avait d’ailleurs clamé haut et fort ces derniers jours qu’il gagnerait les élections dès le 1er tour. C’est donc chose faire !
Sans surprise également, ses opposants ont dénoncé la « mascarade électorale » devant la presse ce matin. « Cette élection ne sert qu’à donner un masque de légitimité à l’auteur du putsch d’août 2008 », selon le candidat Boulkheir, président de l’Assemblée nationale et fervent opposant au coup d’état de l’été dernier.
Aziz serait donc le deuxième président démocratiquement élu en Mauritanie, le premier étant Sidi Ould Cheikh Abdallahi, élu en 2007 et renversé par Aziz lui-même en août 2008… Au moins, on ne s’ennuie pas ! Mais les électeurs eux se sentent lassés, d’autant plus qu’une première campagne a déjà eu lieu au mois de mai pour des élections initialement prévues le 6 juin, et finalement reportées grâce aux Accords de Dakar : les opposants boycottaient cette campagne et souhaitaient avoir plus de temps pour mettre en place le processus démocratique de ces élections.
Les résultats provisoires sont les suivants (pour un taux de participation de 61.64%):
52.3% Aziz
16.77% Boulkheir
13.16% Ould Daddah
5.01% Sarr (minorité noire)
4,57% Jemil (parti islamiste)
3.79% Ely Mohamed Vall (président de la transition entre le coup d’état de 2005 et les élections de 2007)
Pour ma part, j’ai pu observer l’achat de voix pour 6 à 7000 ouguiyas, l’incitation au vote pour 2000 ouguiyas, et la confiscation de la carte électorale le jour du vote pour 10000 ouguiyas…
Hier soir, après les premiers résultats provisoires, les partisans d’Aziz faisaient déjà la fête : rassemblement de voitures sur le boulevard maritime, musique à fond, danse sur les toits des véhicules, lancement de fumigène, et même une voiture avec une plaque d’immatriculation tunée : "AZIZ PRESI" !
vendredi 10 juillet 2009
La photo du jour
Aujourd'hui et tout au long de la journée, un rassemblement étonnant devant le QG du candidat Aziz (je rappelle que c'est lui qui a réalisé le coup d'état d'août 2008). Il s'agissait uniquement de femmes, vêtues de leurs colorées melafas (voile maure). Je suis allée me renseignée: elles auraient chacune eu droit à une petite somme de 6000 à 7000 Ouguiyas (soit environ 16 euros). Aziz se veut le candidat des pauvres, il a notamment fait baisser le prix des principaux produits alimentaires pendant ses quelques mois au pouvoir, et s'est retiré du gouvernement afin de pouvoir participer à ces élections. Mais je reste tout de même perplexe: un candidat peut-il si ouvertement distribuer de l'argent aux électeurs durant sa campagne? Ai-je réellement observé de mes yeux l'achat des voix de ces femmes pour les élections?
jeudi 9 juillet 2009
Le Banc d'Arguin et son parc naturel
Il existe plusieurs parcs nationaux en Mauritanie, dont le Parc National du Banc d’Arguin (PNBA), créé en 1976 par le gouvernement mauritanien, reconnu en 1982 comme Zone Humide d'Importance Internationale (Convention de Ramsar), déclaré en 1989 site du patrimoine mondial de l'Unesco et classé en 2000 Don de la Terre. C'est pour dire l'intérêt qu'il suscite! Ce parc se trouve sur la côte entre Nouadhibou et Nouakchott, et couvre à la fois une partie terrestre et une partie maritime, pour une surface totale de 12000km² (environ deux départements français). Le PNBA est un très proche partenaire de l’IMROP, l’Institut Mauritanien de Recherches Océanographiques et des Pêches, pour lequel je travaille.
La partie terrestre est quasiment déserte. On y trouve des regs pierreux, des dunes (vives ou fossiles), des sebkhas (zones plates parfois recouvertes d’eau lorsque les marées sont fortes, et donc dangereuses pour les véhicules s’y aventurant), très peu de végétation et de point d’eau, et seulement huit petits villages au bord de l’eau habités par les Imraguen. Il peut y faire très chaud (il faisait 46°C lors de notre passage, alors qu’il ne faisait que 28°C à Nouadhibou à notre départ…), il n’y a pas de véritable route, uniquement des pistes, et il n’est pas difficile de se perdre dès qu’on quitte le « goudron » reliant Nouadhibou à Nouakchott… Deux cadavres de touristes perdus ont été récemment retrouvés … Mieux vaut donc être bien guidé !
La partie maritime est beaucoup plus vivante. Grâce au phénomène de l’upwelling (les vents éloignent les eaux chaudes de surface vers le large, tandis que des eaux froides riches en plancton remontent vers la côte), l’eau est très riche en poissons, ce qui fait le bonheur des nombreux oiseaux : hérons, pélicans, flamants roses, cormorans, sternes caspiennes, goélands, spatules et autres oiseaux migrateurs faisant une pause ici lors de leur voyage. Le poisson abondant, est chassé par les Imraguen et les dauphins. La pêche industrielle y est totalement interdite, et des patrouilles du PNBA surveillent les eaux du parc. La navigation peut s’avérer également dangereuse, car il y a beaucoup de bancs de sable affleurant la surface. A marée basse, il faut zigzaguer dans les chenaux pour trouver une route praticable entre bancs, vasières et mangroves. Les Imraguen utilisent une lanche pour naviguer, bateau venant des îles Canaries. Il s’agit d’une barque à fond relativement plat, d’environ 10 mètres sur 2, avec une voile latine. L’équipement à bord est rudimentaire, mais les Imraguen savent manier leur bateau avec agilité. C’est le seul type d’embarcation autorisé dans le Parc.
Une terre aride et une mer si riche: la juxtaposition de deux mondes aussi opposés est étonnante !
Les visites du Parc sont contrôlées, les touristes doivent payer un droit d’entrer, et camper uniquement dans les zones prévues à cet effet, avec des khaïmas (tentes traditionnelles) plantées au bord de l’eau… Les activités sont variées : recherche infructueuse de roses des sables, balade en lanche au départ d’Iwik, observation des oiseaux et de dauphins, baignade et plongée dans une eau très chaude mais très chargée (donc visibilité limitée), observation de sars, de poissons perroquets, de nombreuses raies dont la raie guitare, et autres poissons exotiques, jogging matinal sur une plage déserte parsemée de carapaces de tortue, pêche et dégustation de délicieux poissons, visite d’une famille Imraguen et dégustation du traditionnel thé mauritanien, initiation au cerf-volant, apparition de coups de soleil sur nos peaux blanches de toubabs, observation de traces de chacal (mais malheureusement pas de l’animal lui-même !), et balade aux caps Tafarit et Tagarit…
Bref un week-end bien reposant, loin de la cohue de Nouadhibou !
Voilà les photos (cliquez sur l'illustration pour accèder au lien):
lundi 6 juillet 2009
Et un de moins dans la course à la présidentielle!
Il ne reste donc plus que 9 candidats dans la course!
La photo du jour
mercredi 1 juillet 2009
Mauritanews
Ce soir dans les titres:- la liste officielle des 10 candidats pour la présidentielle dont la campagne commence ce soir à minuit;
- et enfin, un temps lourd et poussiéreux à Nouadhibou.
L'Union Africaine actuellement en sommet en Lybie (Khaddafi est le président actuel de l'UA) a décidé de réintégrer la Mauritanie en son sein après l'avoir exclue suite au coup d'état du 6 août 2008. La Mauritanie est en effet en train de prendre diverses mesures pour rétablir la démocratie dans le pays. Les élections, initialement prévues le 6 juin dernier, ont été reportées au 18 juillet prochain, et la campagne électorale doit débuter ce soir à minuit. On s'attend à de nombreux coups de klaxons dans les rues de Nouadhibou...
Le Conseil Constitutionnel a validé aujourd'hui les 10 candidatures pour les prochaines élections présidentielles. On retrouve les 4 candidats initialement prévus:
- le général Mohammed Ould Abdel Aziz (qui a renversé le précédent président en 2008);
- Kane Hamidou Baba, qui représente la population noire;
- Ibrahima Moktar Sarr;
- Sghair Ould M'Bareck, le 4ème candidat invisible lors de la première campagne.
Les 6 autres candidats sont tous opposés au coup d'Etat de 2008:
- Ahmed Ould Mohameden Ould Daddah;
- Mohamed Jemil Ould Mansour, du parti islamiste;
- Ely Mohamed Vall, ancien président et partisan de la transition démocratique de 2007;
- Messaoud Ould Boulkheir, chef de l'opposition réunie dans le FNDD, Front National pour la Défense de la Démocratie;
- Hamady Ould Meimou, un administrateur du grand Sud-Est du pays;
- Saleh Ould Mohamed Ould Hanena, auteur du putsch avorté de 2003.
Nous suivrons pour vous ici à Mauritanews la campagne au plus près des évènements.
Et enfin, chaleurs et forts vents poussiéreux à Nouadhibou. Visibilité restreinte et intrusion de sable dans tous les recoins!
Bonsoir, et à bientôt pour un prochain point info!
vendredi 26 juin 2009
Le chacal affamé de Nouadhibou
Le nom de la ville Nouadhibou vient de "menoua dhibou", qui littéralement signifie "que le chacal est affamé!" (dhib = chacal). Mis à part le hibou, tous les autres animaux sont présents par ici: de nombreuses mules tirent des charettes bien remplies et sont souvent considérées comme paresseuses par leur maître, le poisson frétille et constitue la ressource principale de la ville, le phoque moine est une espèce protégée du Cap Blanc et quelque peu enragé puisqu'il a déjà mordu les fesses d'un espagnol qui s'y baignait, et les chameaux sont assoiffés mais nous fournissent tout de même en lait et en viande! Le chacal est le seul que je n' ai pas encore croisé, mais il paraît qu'il y en avait beaucoup ici avant la construction de la ville, à l'époque où les nomades venaient faire boire leurs troupeaux de chameaux à un point d'eau qu'ils sont ainsi dénommé! En voici un:

dimanche 21 juin 2009
La photo du jour
lundi 15 juin 2009
dimanche 14 juin 2009
La photo du jour
samedi 13 juin 2009
Nouveau jeu sur le blog!
Alors voici une chance de vous rattraper: un nouveau sondage se trouve en colonne de droite, concernant la signification de "Nouadhibou" en hassaniya, l'arabe local. Soyez inventifs, et n'hésitez pas à laisser des messages avec des propositions encore plus folles!
Cette fois-ci encore, les gagnants auront droit à une carte postale de la ville (chose précieuse vu la rareté de l'article ici, et des services douteux de la poste mauritanienne)!
Une nouvelle nuit à la dune
Je vous tiens en haleine, vous aurez droit à la descente de la dune qui chante la prochaine fois. Cette fois-ci, plutôt que du mouton, nous avons mangé de la viande de chameau. Et par une lune qui masquait toutes les étoiles, nous avons fait une petite balade en pleine nuit, juste à sa lumière. Atmosphère très étrange, assez magique. Et voici quelques photos (cliquez sur l'illustration pour accèder au lien):
Le henné
mercredi 10 juin 2009
Le hammam
Première étape: dans une salle humide et très chaude, on s'asperge d'eau et se lave avec un savon sous forme de pâte brunâtre tout à fait particulier.
Deuxième étape: dans une salle humide et chaude, on se fait gommer toute surface du corps par une énergique "mama africaine" avec une sorte de gant de crin synthétique. Le dicton "il faut souffrir pour être belle" prend tout son sens, car ce n'est pas vraiment une partie de plaisir sur le moment! On perd des kilos de peau... et les femmes se moquent gentillement de nous devant toute cette peau morte, car le faisant plus régulièrement, elles en perdent moins...
Troisième étape: on se lave à nouveau et on se rince.
La censure des films
J'ai donc une chaîne en français (TV5), quelques chaînes espagnoles ou coréennes, et d'innombrables chaînes arabophones du Maroc, d'Algérie, de Tunisie, de Lybie, d'Egypte, du Liban et de toute la péninsule arabique, avec leurs séries bien typiques, où il n'est pas difficle de comprendre l'intrigue malgré l'ignorance de l'arabe... Heureusement, il y a aussi les fameuses chaînes MBC1, MBC 2 etc... qui diffusent des films américains en VO... sous-titrés en arabe!
Voici un exemple de Little Miss Sunshine:
C'est bien commode et ça change des séries à l'eau de rose en arabe. Seulement voilà, les films sont censurés: les insultes et les scènes de baisers, ou plus si affinités, sont coupées. Cela peut parfois géner la compréhension du film. Imaginez le film "Mary à tout prix", où Mary se retrouve avec une houpette sur le front sans que le spectateur ne comprenne pourquoi, car les scènes précédentes ont été coupées...
