jeudi 9 juillet 2009

Le Banc d'Arguin et son parc naturel

Il existe plusieurs parcs nationaux en Mauritanie, dont le Parc National du Banc d’Arguin (PNBA), créé en 1976 par le gouvernement mauritanien, reconnu en 1982 comme Zone Humide d'Importance Internationale (Convention de Ramsar), déclaré en 1989 site du patrimoine mondial de l'Unesco et classé en 2000 Don de la Terre. C'est pour dire l'intérêt qu'il suscite! Ce parc se trouve sur la côte entre Nouadhibou et Nouakchott, et couvre à la fois une partie terrestre et une partie maritime, pour une surface totale de 12000km² (environ deux départements français). Le PNBA est un très proche partenaire de l’IMROP, l’Institut Mauritanien de Recherches Océanographiques et des Pêches, pour lequel je travaille.


La partie terrestre est quasiment déserte. On y trouve des regs pierreux, des dunes (vives ou fossiles), des sebkhas (zones plates parfois recouvertes d’eau lorsque les marées sont fortes, et donc dangereuses pour les véhicules s’y aventurant), très peu de végétation et de point d’eau, et seulement huit petits villages au bord de l’eau habités par les Imraguen. Il peut y faire très chaud (il faisait 46°C lors de notre passage, alors qu’il ne faisait que 28°C à Nouadhibou à notre départ…), il n’y a pas de véritable route, uniquement des pistes, et il n’est pas difficile de se perdre dès qu’on quitte le « goudron » reliant Nouadhibou à Nouakchott… Deux cadavres de touristes perdus ont été récemment retrouvés … Mieux vaut donc être bien guidé !

La partie maritime est beaucoup plus vivante. Grâce au phénomène de l’upwelling (les vents éloignent les eaux chaudes de surface vers le large, tandis que des eaux froides riches en plancton remontent vers la côte), l’eau est très riche en poissons, ce qui fait le bonheur des nombreux oiseaux : hérons, pélicans, flamants roses, cormorans, sternes caspiennes, goélands, spatules et autres oiseaux migrateurs faisant une pause ici lors de leur voyage. Le poisson abondant, est chassé par les Imraguen et les dauphins. La pêche industrielle y est totalement interdite, et des patrouilles du PNBA surveillent les eaux du parc. La navigation peut s’avérer également dangereuse, car il y a beaucoup de bancs de sable affleurant la surface. A marée basse, il faut zigzaguer dans les chenaux pour trouver une route praticable entre bancs, vasières et mangroves. Les Imraguen utilisent une lanche pour naviguer, bateau venant des îles Canaries. Il s’agit d’une barque à fond relativement plat, d’environ 10 mètres sur 2, avec une voile latine. L’équipement à bord est rudimentaire, mais les Imraguen savent manier leur bateau avec agilité. C’est le seul type d’embarcation autorisé dans le Parc.

Une terre aride et une mer si riche: la juxtaposition de deux mondes aussi opposés est étonnante !

Les visites du Parc sont contrôlées, les touristes doivent payer un droit d’entrer, et camper uniquement dans les zones prévues à cet effet, avec des khaïmas (tentes traditionnelles) plantées au bord de l’eau… Les activités sont variées : recherche infructueuse de roses des sables, balade en lanche au départ d’Iwik, observation des oiseaux et de dauphins, baignade et plongée dans une eau très chaude mais très chargée (donc visibilité limitée), observation de sars, de poissons perroquets, de nombreuses raies dont la raie guitare, et autres poissons exotiques, jogging matinal sur une plage déserte parsemée de carapaces de tortue, pêche et dégustation de délicieux poissons, visite d’une famille Imraguen et dégustation du traditionnel thé mauritanien, initiation au cerf-volant, apparition de coups de soleil sur nos peaux blanches de toubabs, observation de traces de chacal (mais malheureusement pas de l’animal lui-même !), et balade aux caps Tafarit et Tagarit…

Bref un week-end bien reposant, loin de la cohue de Nouadhibou !

Voilà les photos (cliquez sur l'illustration pour accèder au lien):


lundi 6 juillet 2009

Et un de moins dans la course à la présidentielle!

Aujourd'hui, le candidat Sghair Ould M'Barek s'est retiré de la course à la présidentielle, et conseille de voter pour le général Mohammed Ould Abdel Aziz. Il estime en effet que la Mauritanie, après les accords de Dakar (pour repousser les élections et constituer un gouvernement transitoire jusqu'au 18 juillet), est sortie de la crise et que sa candidature n'a donc plus de raison d'être, selon son interview sur RFI.

Il ne reste donc plus que 9 candidats dans la course!

La photo du jour


Un brouillard très étonnant hier matin sur Nouadhibou, dû à des entrées maritimes, qui s'est heureusement levé rapidement. Mais je vous avoue que c'est tout de même étrange de voir un troupeau de chameaux sur une dune en plein brouillard sur le chemin du boulot...

mercredi 1 juillet 2009

Mauritanews

Ce soir dans les titres:
- la Mauritanie de nouveau membre de l'Union Africaine;
- la liste officielle des 10 candidats pour la présidentielle dont la campagne commence ce soir à minuit;
- et enfin, un temps lourd et poussiéreux à Nouadhibou.

L'Union Africaine actuellement en sommet en Lybie (Khaddafi est le président actuel de l'UA) a décidé de réintégrer la Mauritanie en son sein après l'avoir exclue suite au coup d'état du 6 août 2008. La Mauritanie est en effet en train de prendre diverses mesures pour rétablir la démocratie dans le pays. Les élections, initialement prévues le 6 juin dernier, ont été reportées au 18 juillet prochain, et la campagne électorale doit débuter ce soir à minuit. On s'attend à de nombreux coups de klaxons dans les rues de Nouadhibou...

Le Conseil Constitutionnel a validé aujourd'hui les 10 candidatures pour les prochaines élections présidentielles. On retrouve les 4 candidats initialement prévus:
- le général Mohammed Ould Abdel Aziz (qui a renversé le précédent président en 2008);
- Kane Hamidou Baba, qui représente la population noire;
- Ibrahima Moktar Sarr;
- Sghair Ould M'Bareck, le 4ème candidat invisible lors de la première campagne.
Les 6 autres candidats sont tous opposés au coup d'Etat de 2008:
- Ahmed Ould Mohameden Ould Daddah;
- Mohamed Jemil Ould Mansour, du parti islamiste;
- Ely Mohamed Vall, ancien président et partisan de la transition démocratique de 2007;
- Messaoud Ould Boulkheir, chef de l'opposition réunie dans le FNDD, Front National pour la Défense de la Démocratie;
- Hamady Ould Meimou, un administrateur du grand Sud-Est du pays;
- Saleh Ould Mohamed Ould Hanena, auteur du putsch avorté de 2003.
Nous suivrons pour vous ici à Mauritanews la campagne au plus près des évènements.

Et enfin, chaleurs et forts vents poussiéreux à Nouadhibou. Visibilité restreinte et intrusion de sable dans tous les recoins!

Bonsoir, et à bientôt pour un prochain point info!

vendredi 26 juin 2009

Le chacal affamé de Nouadhibou

Et voici la réponse du jeu! Oui, c'était moins facile que la dernière fois, surtout quand on ne parle pas le hassaniya, dialecte arabe local... Nous n'avons qu'un seul gagnant, à lui de se faire connaître pour recevoir une carte postale! Mais merci pour votre participation!

Le nom de la ville Nouadhibou vient de "menoua dhibou", qui littéralement signifie "que le chacal est affamé!" (dhib = chacal). Mis à part le hibou, tous les autres animaux sont présents par ici: de nombreuses mules tirent des charettes bien remplies et sont souvent considérées comme paresseuses par leur maître, le poisson frétille et constitue la ressource principale de la ville, le phoque moine est une espèce protégée du Cap Blanc et quelque peu enragé puisqu'il a déjà mordu les fesses d'un espagnol qui s'y baignait, et les chameaux sont assoiffés mais nous fournissent tout de même en lait et en viande! Le chacal est le seul que je n' ai pas encore croisé, mais il paraît qu'il y en avait beaucoup ici avant la construction de la ville, à l'époque où les nomades venaient faire boire leurs troupeaux de chameaux à un point d'eau qu'ils sont ainsi dénommé! En voici un:

dimanche 21 juin 2009

La photo du jour


Mon cadeau d'anniversaire de Mansour Kébé, un peintre sénégalais qui expose actuellement à l'Alliance Franco-Mauritanienne de Nouadhibou.

lundi 15 juin 2009

La photo du jour


Nouadhibou à contre-jour depuis mon toit...

dimanche 14 juin 2009

La photo du jour

Le déchargement des camions de fruits et légumes venant du Maroc, depuis le toit de mon immeuble. Vous remarquerez la hauteur du chargement... et la boutique du dentiste à côté!

samedi 13 juin 2009

Nouveau jeu sur le blog!

Vous n'avez pas gagné au jeu du gentilé de Nouadhibou? Vous n'aviez pas eu le temps de participer ou vous n'aviez pas osé donner une réponse?

Alors voici une chance de vous rattraper: un nouveau sondage se trouve en colonne de droite, concernant la signification de "Nouadhibou" en hassaniya, l'arabe local. Soyez inventifs, et n'hésitez pas à laisser des messages avec des propositions encore plus folles!

Cette fois-ci encore, les gagnants auront droit à une carte postale de la ville (chose précieuse vu la rareté de l'article ici, et des services douteux de la poste mauritanienne)!

Une nouvelle nuit à la dune

Voici l'arrivée au sommet de la dune. Désolée pour les bruits de vent...

Je vous tiens en haleine, vous aurez droit à la descente de la dune qui chante la prochaine fois. Cette fois-ci, plutôt que du mouton, nous avons mangé de la viande de chameau. Et par une lune qui masquait toutes les étoiles, nous avons fait une petite balade en pleine nuit, juste à sa lumière. Atmosphère très étrange, assez magique. Et voici quelques photos (cliquez sur l'illustration pour accèder au lien):

Le henné

J'ai été conviée à une séance de henné, et me retrouve maintenant presque mauritanienne, avec le bout des doigts et des orteils orange et des fleurs sur les paumes et les pieds.

Liste de courses:

- du henné (sorte de poudre verte que l'on trouve sur le marché);
- de l'eau tiède pour former une pâté collante;
- des pochoirs autocollants à poser sur la peau pour obtenir de jolis motifs.

Une fois les motifs collés sur la peau, et la pâte formée, il faut l'appliquer sur les autocollants sans dépasser, envelopper la main ou le pied dans un sachet plastique, laisser imprégner au moins une heure, avant de tout décoller. Surtout ne pas rincer à l'eau (...) avant le lendemain, mais par contre enduire de déodorant en spray pour fixer... Conséquence: vous avez droit le soir là de manger dans le grand plat commun avec une cuillère plutôt qu'avec votre main droite, pour ne pas gâter le travail!


Il a déjà bien passé, c'était bien plus orange flash au début. C'est pas du grand art, je ferai faire ça plus professionnellement la prochaine fois...

mercredi 10 juin 2009

Le hammam

Nous avons testé avec Anne-Laure, une française qui prépare une thèse de géographie à Nouadhibou, le hammam mauritanien. Nous avons choisi le Hammam Paris, histoire de ne pas être trop dépaysées! Que nenni!

Première étape: dans une salle humide et très chaude, on s'asperge d'eau et se lave avec un savon sous forme de pâte brunâtre tout à fait particulier.

Deuxième étape: dans une salle humide et chaude, on se fait gommer toute surface du corps par une énergique "mama africaine" avec une sorte de gant de crin synthétique. Le dicton "il faut souffrir pour être belle" prend tout son sens, car ce n'est pas vraiment une partie de plaisir sur le moment! On perd des kilos de peau... et les femmes se moquent gentillement de nous devant toute cette peau morte, car le faisant plus régulièrement, elles en perdent moins...

Troisième étape: on se lave à nouveau et on se rince.
Résultat: une peau propre qui respire! Ca fatigue un peu, mais ça fait drôlement du bien! On testera certainement le hamman Las Palmas la prochaine fois!

La censure des films

Dans mon superbe appart pour expatriés, j'ai même une télé avec le câble (qui fonctionne quand la parabole sur le toit n'est pas trop pertubée par le vent, fort présent ici).

J'ai donc une chaîne en français (TV5), quelques chaînes espagnoles ou coréennes, et d'innombrables chaînes arabophones du Maroc, d'Algérie, de Tunisie, de Lybie, d'Egypte, du Liban et de toute la péninsule arabique, avec leurs séries bien typiques, où il n'est pas difficle de comprendre l'intrigue malgré l'ignorance de l'arabe... Heureusement, il y a aussi les fameuses chaînes MBC1, MBC 2 etc... qui diffusent des films américains en VO... sous-titrés en arabe!

Voici un exemple de Little Miss Sunshine:


C'est bien commode et ça change des séries à l'eau de rose en arabe. Seulement voilà, les films sont censurés: les insultes et les scènes de baisers, ou plus si affinités, sont coupées. Cela peut parfois géner la compréhension du film. Imaginez le film "Mary à tout prix", où Mary se retrouve avec une houpette sur le front sans que le spectateur ne comprenne pourquoi, car les scènes précédentes ont été coupées...

mardi 9 juin 2009

La photo du jour


Une pirogue de pêche est à vendre dans le port de Nouadhibou. Y a-t-il preneur?

jeudi 4 juin 2009

Meeting électoral d'Abdel Aziz




Voici une vidéo prise lors du meeting électoral du général Abdel Aziz cette semaine à Nouadhibou. Les élections sont finalement reportées au 18 juillet, j'aurai donc le temps de vous présenter les différents candidats (peu visibles lors de cette première campagne...). Je rappelle que Abdel Aziz est celui qui avait lancé le coup d'Etat du 6 août 2008 (renversant Sidi, le premier président mauritanien démocratiquement élu en 2007), qui s'était ensuite autoproclamé chef du gouvernement provisoire et était clairement le candidat favori pour les élections du 6 juin. Espérons que le report des élections changera la donne!

mercredi 3 juin 2009

La photo du jour


Votez Aziz! Lors du meeting électoral de Mohammed Ould Abdel Aziz à Nouadhibou. Les élections, intialement prévues le 6 juin, sont en principe reportées au mois de juillet. La campagne était pour l'instant boycottée par les trois autres candidats.

lundi 25 mai 2009

La photo du jour

Le poisson qui sèche près du port (vous imaginez l'odeur qui va avec l'image...)

Journée de l'Afrique


Aujourd'hui est un jour férié en Mauritanie, car c'est l'anniversaire de la création de l'OUA, l'Organisation pour l'Union Africaine.

Le 25 mai 1963, 32 pays africains créent l'OUA à Addis-Abeba, afin de:
- promouvoir l'unité et la solidarité sur le continent africain
- et éradiquer le colonialisme par une assistance politique et matérielle.

Trois grands principes sont appliqués:
- le respect du tracé des frontières telles que laissées pas les colons
- le respect de la souveraineté
- et la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays membres.

L'OUA est donc un véritable outil de coopération (sous l'impulsion du président sénégalais Léopold Senghor), et non d'intégration (comme l'auraient souhaité d'autres dirigeants africains fédéralistes). 53 pays en sont membres, c'est-à-dire tous les pays africains, mis à part le Maroc, qui s'est retiré en 1982, pour montrer son désaccord avec l'entrée du Sahara Occidental. De même, la Mauritanie, la Guinée et Madagascar sont momentanément suspendus pour cause de coup d'Etat (interdit dans la chartre de l'OUA).

Depuis 2002, l'OUA est devenue Union Africaine (UA). Celle-ci se calque sur le modèle de l'Union Européenne, avec des organes similaires: une 'conférence' (réunion des chefs de gouvernement une fois par an), un conseil exécutif, une commission, un parlement panafricain (qui n'a pour l'instant qu'un rôle consultatif), un Conseil de Paix et de Sécurité (CPS), un Conseil Economique, Social et Culturel (ECOSOCC), une Cour de Justice etc...

L'UA change un peu d'objectif, avec la promotion de la paix, de la démocratie et du développement. Il existe à présent un droit d'ingérence dans certaines situations, notamment en cas de génocide ou de crime de guerre. Le CPS est déjà par exemple intervenu au Darfour.

Pour plus d'infos, www.africa-union.org




Les Stéphanois de Nouadhibou

Voici la réponse de mon petit quiz: mais vous allez me dire pourquoi? Alors voici toute l'histoire.

Les Français ont commencé à s'installer au début du 20e siècle ici, sur la péninsule de la Baie du Lévrier, remarquant que les lieux étaient agréables et stratégiques, car sur la route vers les comptoirs sénégalais. De plus, la baie est une rade naturelle pour les navires, et ses eaux sont très poissonneuses, les Français y ont donc vu un intérêt commercial, et ont très rapidement créé diverses sociétés de pêche.

Cette ville, créée de toute part par les colons et attirant seulement ensuite les nomades de la région, a été baptisée Port-Étienne, en hommage à un militaire français. D'où le gentilé Stéphanois!

Après l'indépendance, en 1960, la ville devient Nouadhibou, du nom d'un puits où venaient boire les nomades et abreuver leurs troupeaux. Le prochain jeu portera d'ailleurs sur le nom actuel de la ville, préparez-vous...

Le sondage affiche trois gagnants, un m'est déjà connu, aux deux autres de se manifester pour recevoir leur carte postale stéphanoise!

vendredi 22 mai 2009

La photo du jour

Je lance un nouveau type d'article, avec simplement une photo insolite et un petit commentaire.


Aujourd'hui, deux chèvres s'alimentant sur les toits sous ma fenêtre.